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mercredi 12 octobre 2016

Onjoy ton roman migre vers une meilleure plateforme !

Cher(e)s internautes, cher(e)s Onjoynautes !

Je m'excuse pour ce long  silence. Mais sachant que la plupart d'entre vous rencontrait des difficultés pour commenter les articles prévus à cet effet, je n'ai plus trouvé la motivation nécessaire pour continuer dans ces conditions.
Un blog se voulant participatif qui n'offre pas la possibilité d’interagir simplement, n'a plus lieu d'être.

C'est pourquoi j'ai attendu d'avoir un peu de temps pour déménager Onjoy-ton-roman sur une plateforme nettement plus adaptée ! Vous m'en direz des nouvelles !

C'est ici que ça se passe (cliquez sur l'image et la magie opèrera) :

http://tonroman.onjoy.fr/

Sinon, avec un lien classique, ça fonctionne aussi : www.tonroman.onjoy.fr

A très vite pour de nouvelles émotions littéraires !

Au plaisir de vous lire !

Marie





mardi 29 mars 2016

La rubrique d'Eulalie : Le carnet de notes

        Vous êtes du genre dans la lune, toujours dans votre monde ? Dans votre lit, sous la douche, dans les transports, au boulot ou à l’école, vous ne pouvez pas vous empêcher de rêver ? Le carnet de notes est donc un outil indispensable pour vous !

        Ça nous est déjà tous arrivé d’avoir une idée de dingue, que ce soit sur un lieu, un personnage ou une simple phrase, et de… l’oublier. Horreur absolue ! L’oublie est synonyme de perte pour l’écrivain, qui se voit démuni d’une idée au potentiel prometteur. Pour remédier à cet incident que je ne souhaite à personne, et à d’autres petits aléas dus à l’écriture, voici des idées de carnet de notes :

        Le carnet « fourre-tout » dont l’élégant nom est très représentatif. C’est le carnet à toujours avoir sur soi. De préférence petit et facile à transporter, il vous permet de noter n’importe laquelle de vos idées survenues à l’improviste où que vous soyez. Pratique, il est aussi rapidement rempli, je vous conseille donc de privilégier les carnets et petits cahiers en papier recyclé — parce qu’on n’oublie pas de penser à la planète quand on est écrivain !

        Le carnet récapitulatif : c’est celui dans lequel vous ordonnez vos idées. Tiens, sur cette page il y a un schéma de bâtiment, des prénoms inventés dans le tram à cause de cette publicité amusante et ma liste de course… Pas facile de se retrouver au milieu de sa propre tête ! Autant recopier ce qui nous intéresse et laisser de côté ce qu’on ne veut pas exploiter.

        Le carnet au propre : c’est celui dans lequel vous vous faites plaisir. Vous aimez les belles présentations, les couleurs, une calligraphie appliquée ? Ce carnet est fait pour mettre en valeur votre bébé et le matérialiser, d’une certaine manière. De plus, si vous êtes du genre artiste, je vous conseille de carrément passer à la taille du cahier : vous pouvez y ajouter vos croquis, vos plans, vos portraits. Et ainsi avoir un aperçu synthétique des lieux et personnages de votre histoire — dixit la fiche personnage.

        Bonus : un carnet par livre. Pour les plus productifs et les plus courageux d’entre vous, le carnet par thème va vous ravir. Vous pouvez décider de consacrer un cahier à l’une de vos œuvres en particulier, pour ainsi n’avoir que cette histoire sous les yeux et ne pas vous mélanger les pinceaux.
Dans un domaine plus large, vous pouvez consacrer un carnet à vos citations préférées, un carnet à vos lectures coup de cœur, un carnet à vos pensées intimes… Les possibilités sont infinies, surtout quand on a de l’imagination à revendre !

Onjoy !

PowerOfWords

lundi 28 mars 2016

Les normes d'écriture - La base


Vous avez des idées, voilà comment les mettre en forme :



Au commencement, vous avez déjà un plan, rempli vos fiches personnage ? Parfait.
À présent, il est temps de vous concentrer sur ces 5 points essentiels :

1. La narration :
Qui est le narrateur de votre histoire ? Est-ce un ou plusieurs personnages ? Vous-même ?
Il existe des tas de possibilités, à vous de choisir quelle est celle qui serait la plus adaptée à votre histoire. Voir l’article consacré aux différents types de narration (à venir prochainement).

2. Les temps :
Employer le présent ou le passé simple de narration est un choix qui doit être mûrement réfléchi. Sauf exception, l’auteur devra se tenir à ce choix du début à la fin.
À savoir que l’emploi de l’imparfait quand le passé simple s’impose est très critiqué. Si vous n’êtes pas très à l’aise avec vos vieilles leçons de français, privilégiez la narration au présent.

3. La présentation :
Contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent, la présentation ne se travaille pas une fois le récit terminé. Il n’y a rien de plus décourageant que devoir tout mettre en forme à la fin. Encore plus décourageant que devoir vous relire en cours de chemin sans que l’ensemble ne soit “aéré”.  
Les codes littéraires sont très simples, une fois que nous prenons l’habitude de les appliquer au fur et à mesure. Les voici :

                a. Les chapitres :
Partitionner son récit en plusieurs chapitres, c’est penser au lecteur qui aime pouvoir se repérer dans un livre. Se mettre à la place du lecteur est un exercice que l’auteur doit régulièrement s’imposer. Un livre sans chapitres reviendrait à se retrouver au plein cœur d’une ville ne comportant aucun nom de rues. Un chapitre est un repère, mais également ce qui permet au lecteur de faire une pause qui lui permettra de mieux assimiler ce qu’il vient de lire. Il appréhendera mieux le reste de l’histoire pour l’en apprécier davantage.

                b. Les paragraphes :
Dans la même logique que les chapitres, les paragraphes permettent de rassembler visuellement tout un flot d’informations. Pour ne pas trop surcharger un récit (et ennuyer le lecteur), on recommande l’utilisation de paragraphes pour une lecture plus fluide, plus dynamique et plus agréable.

                c. Les phrases :
S’il y a bien une phrase à retenir à propos des phrases, c’est celle-ci : “Une phrase, une idée”. 
Et mieux vaut une phrase très courte qu’une phrase à rallonge imbuvable. 

Un exemple :

“Je suffoque, la douleur est atroce, on ne m’avait pas dit que se faire tirer dessus serait aussi douloureux, si je croise le responsable, son flingue tiendra compagnie à ses excréments pendant un bon bout de temps.”

Il sera beaucoup plus agréable de lire :

“Je suffoque. La douleur est atroce. On ne m’avait pas dit que se faire tirer dessus serait aussi douloureux ! Si je croise le responsable… Disons que son flingue tiendra compagnie à ses excréments pendant un bon bout de temps.”

L’immersion dans l’histoire et l’humour sont également facilités ainsi.  

                d. Les alinéas :
Voilà un détail qui pourrait vous paraître futile, mais avez-vous déjà lu un livre qui a été proprement édité, sans alinéas ? S’ils existent et si on les impose, c’est parce qu’ils permettent une lecture beaucoup plus fluide. Alors, pensez-y !

4. Les dialogues :
Toujours dans l’idée d’aérer un texte, le dialogue intégré avec un tiret (cadratin) est ce qui se fait de mieux. La méthode est simple : un alinéa + un tiret cadratin + une phrase ponctuée proprement et commençant par une majuscule. Nous pouvons ajouter à cela une option, si on a besoin d’intégrer de la narration : dans ce cas, il suffira simplement d’ôter la majuscule derrière une virgule, un point d’exclamation ou un point d’interrogation. 

Exemple :

— Il n’est pas question que j’escalade ça ! décrète Perle, comme si ça n’était pas une évidence.

Ici, le “d” minuscule derrière un point d’exclamation implique une phrase narrative intégrée dans le dialogue. On comprend très bien que ce n’est pas le personnage qui est en train de dire ce qui est en bleu.

— Je n’ai pas le temps, marmonne Camille qui vient tout juste de se réveiller, partez sans moi !

Entre deux virgules, la narration est induite par un verbe de dialogue et un prénom. Ça aurait été sans doute plus confus ainsi :

— Je n’ai pas le temps, je marmonne alors que je viens tout juste de me réveiller, partez sans moi !

Dans ce cas, afin de ne pas trop perdre le lecteur, on va préférer :

— Je n’ai pas le temps ! je marmonne alors que je viens tout juste de me réveiller. Partez sans moi !

5. La ponctuation :
Comme nous venons de le voir, la ponctuation a son importance. Outre l’utilité d’une virgule, bien trop souvent négligée, les points sont d’autant plus essentiels.
Le meilleur moyen pour savoir si votre texte est bien ponctué, c’est encore de le lire à haute voix (ou à haute voix dans votre tête). Les intonations s’imposeront. Si votre lecture est trop monotone, si vous êtes obligés de vous arrêter pour reprendre votre souffle, vous saurez qu’il manque des virgules ou des points. Voire même des points de suspension ou points d’exclamations. Attention cependant à ne pas trop en abuser !

Une petite astuce aussi, pour éviter les virgules à répétition, alors que vous cherchez à apporter une précision, optez pour le tiret séparateur (cadratin) :

Grimper cette falaise alors que j’ai le vertige me paraît moins insurmontable que ravaler la série de jurons que ma femme m’inspire.

Ou encore :

Il ramassa sa chaussette comme si de rien n’était en prenant bien soin de ne pas réagir à son odeur. C’est alors qu’il se souvint d’un concept très cocasse : une chaussette se porte toujours par paire. Oups...

Par ailleurs, pensez à ces normes :

Virgule : Je pose une virgule, et il y a un espace juste après (un seul suffit).
Point / Points de suspension : Comme la virgule... Un seul espace suffit après. Pensez néanmoins aux majuscules.
Point d’interrogation / Point d’exclamation / Deux points : Et l’espace avant (et après) ces points-là, vous l’oubliez ? Non parce que sans espaces : c’est moche !
Les tirets cadratin de dialogue ou de séparation : Un alinéa avant et un espace après.


Une fois que vous avez maîtrisé ces 5 points essentiels, on peut dire que vous avez acquis une base très solide.
Il ne vous restera plus qu’à rédiger votre récit dans les règles de l’art et laisser votre inspiration rythmer votre intrigue. 

A vos claviers !

Au plaisir de vous lire,

Marie

vendredi 11 mars 2016

La fiche personnage




Une idée de roman ? Une histoire s’impose. Ainsi que ses personnages.

Je ne sais pas vous, mais il me serait impossible de commencer la rédaction d’un roman, sans avoir une idée concrète de la personnalité de mes personnages principaux.

C’est pourquoi j’ai été chercher tout un tas d’astuces sur internet pour pouvoir me créer LA fiche personnage type idéale. Bien entendu, cela ne tient qu’à moi.
Certains préféreront sûrement découvrir leur personnage au rythme de leur plume, au fil des pages. Nous avons tous nos méthodes bien à nous.
Mais pour ceux qui se trouvent dans ma situation, autant vous faire gagner du temps en vous partageant directement ce qui suit.
Le principe d’une fiche personnage est avant tout de « matérialiser » tout un tas de paramètres qui rendront le personnage en question plus réel à nos yeux. Plus il le sera, plus notre récit sera riche en détails le concernant. Plus il y aura de détails (même les plus subtils d’entre eux), plus le lecteur s’attachera au personnage. Il aura l’impression qu’il existe réellement, il pourra même s’identifier à lui, ou avoir l’impression de réellement l’accompagner dans ses aventures. Le personnage contribue énormément au succès d’une histoire. D’où l’importance de bien le travailler en amont.
Pour cela, j’ai dressé la liste de 14 (oui oui, 14 !) petits tableaux au sein d’une même fiche de base. Dans ces tableaux figurent les thèmes suivants :
  • Identité (noms, prénoms, anniversaire, nationalité, profession...)
  • Apparence (cheveux, yeux, corpulence, style vestimentaire, accessoires…)
  • Personnalité (qualités, défauts, peurs, force, faiblesse, talents, réputation...)
  • Comportement (expressions, tics gestuels ou de langage, droitier/gaucher, addictions, démarche…)
  • Relations (amis, amours, ennemis, collègues, connaissances, aides…)
  • Famille (parents, frères et sœurs, cousins, parrain, marraine, animaux de compagnie)
  • Aspirations (rêves, projets, désirs, secrets...)
  • Biographie (enfance, adolescence, meilleurs souvenirs, regrets…)
  • Goûts (musique, instruments, livres, films, séries, sport, couleur, activités, jeux favoris...)
  • Nourriture (habitudes alimentaires, allergies, péché mignon, boissons et plats préférés ou détestés)
  • Santé (particularités, handicaps, traitements spéciaux, allergies, troubles psychologiques...)
  • Parcours scolaire (points forts, points faibles, niveau, diplômes, langues parlées, options…)
  • Parcours professionnel (jobs exercés, carrière, ambitions...)
  • Environnement (lieu de naissance, enfance, adolescence, endroits visités, endroits rêvés, endroits préférés...)
Une fois qu’on a rempli tout ça, je vous garantis qu’on a l’impression de connaître notre personnage sur le bout des doigts !
Il arrive fréquemment qu’en remplissant cette fiche, ça me donne des idées supplémentaires à apporter à l’intrigue, d’ailleurs. Parce que rédiger cette fiche, c’est créer de la profondeur à un personnage. Il est donc tout à fait normal qu’il y ait un impact sur le récit. C’est justement l’objectif.
Bien entendu, cette fiche est à modeler en fonction de votre histoire. Pour une histoire fantastique, par exemple, je rajoute un tableau pour tout ce qui est relatif à la magie (pouvoirs, hiérarchie, monde, espèce…). Libre à vous d’adapter cette fiche selon vos besoins.
Vous avez déjà créé vos personnages depuis longtemps ? La fiche que je vous propose aurait de quoi vous mettre à l’épreuve : connaissez-vous réellement vos personnages ?
Découvrez cette fiche personnage type ici
(Si vous rencontrez des difficultés pour la lire ou la télécharger, n’hésitez pas à me la réclamer dans le format que vous désirez [pour word ou pour un autre traitement de texte])
Et vous ? Comment procédez-vous pour rendre vos personnages plus réels ?

Au plaisir de vous lire !

Marie

lundi 29 février 2016

Quelques conseils aux écrivains en herbe, par Bernard Werber

Il y a quelques années, alors que je commençais à envisager la rédaction de mon premier roman,je suis miraculeusement tombée sur cette petite merveille, rédigée par l'illustre Bernard Werber en personne.

Je pense sincèrement que prendre connaissance des 27 points parfaitement résumés dans cet article est essentiel, pour tout écrivain en devenir.


1. - Le désir
Écrire ? Au commencement est le désir. Se demander pourquoi on a envie d'écrire. Si c'est pour faire une psychanalyse par écrit (et donc économiser 25 ans et 100 000 euros) mieux vaut renoncer. Si c'est pour gagner de l'argent ou avoir de la gloire, ou passer à la télévision ou épater sa maman, renoncer. La seule motivation honorable me semble être: parce que l'acte d'écrire, de fabriquer un monde, de faire vivre des personnages est déjà une nécessité et un plaisir en soi  (on peut aussi admettre comme motivation: épater une fille dont on est amoureux).
2. - Les handicaps
Le principal problème de l'écriture, c'est que c'est un acte solitaire absolu. On est seul avec sa feuille et soi même. Si on a rien à dire aux autres ni à se dire à soi même, l'écriture ne va que vous faire mesurer ce vide intérieur. Désolé. Il n'y a pas d'acte qui ne soit pas avec des contreparties. Si vous devenez écrivain professionnel «sérieux » préparez vous à passer au moins 5 heures par jour enfermé seul devant un ordinateur, une machine à écrire ou un calepin. Vous en sentez-vous capable?
3. - Un artisanat
On dit que pour réussir il faut trois choses: le talent, le travail et la chance. Mais que deux suffisent. Talent plus travail, on n'a pas besoin de chance. Talent plus chance, on n'a pas besoin de travail. Travail plus chance, on a pas besoin de talent. Vu qu'on ne peut pas agir sur la chance, mieux vaut donc le talent et le travail.
Comment savoir si on a le talent...? En général les gens qui ont le talent d'écrire ont déjà pris l'habitude de raconter des histoires à leur entourage. Ils prennent plaisir à relater des événements vécus ou lus, et naturellement on a envie de les écouter. Ce n'est pas obligatoire mais c'est un premier signe. Souvent les gens qui racontent bien les blagues finissent par comprendre les mécanismes d'avancée d'une intrigue et d'une chute. La blague est l'haïku du roman. D'ailleurs tout bon roman doit pouvoir se résumer à une blague.
4. Lire
On doit lire le genre de livres qu'on a envie d'écrire. Ne serait-ce que pour savoir ce que les autres auteurs, confrontés aux mêmes problèmes, ont fait. On doit aussi lire les livres des genres qu'on n'aime pas forcément ne serait ce que pour savoir ce qu'on ne veut pas faire.
5. Se trouver un maître d'écriture
Se trouver un maître ne veut pas dire copier, ni plagier. Cela veut dire être dans l'esprit, la liberté, la manière de développer les histoires de tel ou tel. Il n'y a pas de contradictions avec la loi un peu plus bas sur l'originalité. Lire peut vous permettre de décomposer les structures comme si on démontait un moteur de voiture Mazeratti pour voir comment c'est fait. Cela ne vous empêche pas de construire autrement une Lamborgini.
6. Accepter le statut d'artisan
Ecrire est un artisanat. Il faut avoir le goût à ça, puis l'entretenir régulièrement. Pas de bon écrivain sans rythme de travail régulier. Même si c'est une fois par semaine. Ensuite on est tout le temps à l'école. Chaque livre va nous enseigner un petit truc nouveau dans la manière de faire les dialogues, le découpage, de poser vite un personnage, de créer un effet de suspense. C'est ça l'artisanat. Surtout ne vous laissez pas impressionner par les passages des écrivains à la télévision ou les interviews de ces écrivains... Ce ne sont que des attitudes. Le vrai artisanat ne peut pas être montré là-bas. Et n'oubliez pas que ce n'est pas parce qu'un auteur passe bien à la télé ou est beau ou souriant que c'est un bon artisan. C'est juste un bon type qui passe à la télé dans le rôle d'écrivain. En général plus ils sont sérieux, plus ils impressionnent. La seule manière de savoir ce que vaut un écrivain est de le lire. La seule manière de savoir ou vous en êtes dans votre artisanat est de demander à vos lecteurs ce qu'ils pensent de vos livres.
7. L'inspiration
En fait, bien souvent, l'inspiration vient d'une résilience. On souffre dans sa vie donc on a besoin d'en parler par écrit pour prendre le monde à témoin. Par exemple quelqu'un vous a fait du mal; vous ne vous vengez pas par des actes, vous vous vengez par écrit en fabriquant une poupée à son effigie et en y plantant des aiguilles d'intrigue. A la fin le héros casse la figure à la poupée à l'effigie de votre adversaire. On dit que les gens heureux n'ont pas d'histoire. Je le crois. Si on est complètement heureux satisfait de tout ce qu'on a déjà pourquoi se lancer dans l'aventure hasardeuse de l'écriture ? A la limite je conçois qu'une fois qu'on est écrivain professionnel l'écriture devienne en soi une sorte de quête du graal, du livre parfait, mais là encore c'est une frustration à régler. Donc une souffrance. Oui dans l'écriture il y a forcément une vengeance contre quelque chose ou quelqu'un. Ou en tout cas un défi à relever.
8. - L'originalité
Un livre ou une histoire doit apporter quelque chose de nouveau. Si ce que vous faites est dans la prolongation de tel ou tel ou ressemble à tel ou tel ce n'est pas la peine de le faire. Tel ou tel l'a déjà fait. Il faut être le plus original possible dans la forme et dans le fond. L'histoire ne doit ressembler à rien de connu. Le style doit être neuf. Si on dérange des imprimeries et si on abat des arbres pour avoir de la pâte à papier, c'est qu'il faut avoir quelque chose à apporter en plus avec son manuscrit.
9. La fin
Si le lecteur découvre qui est l'assassin ou comment va se terminer le livre dès le début ou le milieu, vous n'avez pas rempli votre contrat envers lui. Du coup, pour être sûr d'avoir une fin surprenante, il vaut mieux commencer par écrire la fin puis le cheminement qui empêchera de la trouver.
10. - Surprendre
Il faut surprendre à la conclusion, mais il faut toujours avoir une envie de surprendre à chaque page. Il faut que le lecteur se dise à chaque fois «ah ça… je ne m'y attendais pas». Les romains inscrivaient à l'entrée des théâtres "Stupete Gentes" qu'on pourrait traduire «Peuple préparez vous à être surpris ». Surprendre son lecteur est une politesse.
11. Ne pas vouloir faire joli
Beaucoup de romanciers surtout en France, font du joli pour le joli. Ils enfilent les phrases tarabiscotées avec des mots de vocabulaire qu'il faut chercher dans le dictionnaire comme on enfile des perles pour faire un collier. Cela fait juste un tas de jolis phrases. Pas un livre. Ils feraient mieux d'être poètes. Au moins c'est plus clair. Toute scène doit avoir une raison d'être autre que décorative. Le public n'a pas (n'a plus?) la patience de lire des descriptions de paysages de plusieurs pages ou il ne se passe rien, ni des dialogues sans informations qui n'en finissent pas. La forme ne peut pas être une finalité, la forme soutien le fond. Il faut d'abord avoir une bonne histoire ensuite à l'intérieur on peut aménager des zones décoratives, mais sans abuser de la patience du lecteur.
12. Recommencer
Ne pas avoir peur de tout recommencer. En général le premier jet est imparfait. On a donc deux choix, soit le rafistoler comme une barque dont on répare les trous dans la coque avec des bouts de bois, soit en fabriquer une autre. Ne pas hésiter à choisir la deuxième solution. Même si l'informatique et le traitement de texte autorisent toujours des rafistolages. C'est un peu comme le "master mind". C'est parfois lorsqu'on a tout faux qu'on déduit le mieux comment faire juste. J'ai refait 120 fois "les fourmis" et franchement les premières versions n'étaient pas terribles.
13. Les lecteurs tests
Trouver des gens qui vous lisent et qui n'ont pas peur de vous dire la vérité. La plupart des gens auxquels vous donnerez votre manuscrit à lire se sentiront obligés de vous dire que c'est la 7ème merveille du monde. Cela ne coûte pas cher et ça n'engage pas ; Par contre dire à un auteur, "Ton début est trop long, et ta fin n'est pas vraissemblale" signifie souvent une fâcherie avec l'auteur. Pourtant ce sont ceux qui auront le courage de vous dire cela qui seront vos vrais aides. Et c'est à eux qu'il faudra donner en priorité vos manuscrits à lire pour avoir un avis. Vous pouvez aussi écouter les félicitations pour les scènes réussies. Mais ne soyez pas dupe. Mettez votre ego de coté. Fuyez les flatteurs qui ne sont pas capables d'expliquer pourquoi cela leur a plu.
14. Raconter à voix haute
Ne pas hésiter à raconter oralement votre histoire. Tant pis si vous prenez le risque de vous faire piquer l'idée. En le racontant oralement, vous sentez tout de suite si cela intéresse et vous vous obligez à être synthétique et efficace. Voir en direct ses lecteurs réagir à une histoire est très instructif.
15. Les personnages
Soigner les caractères des personnages principaux en faisant une fiche avec leur description physique, leur tics, leurs vêtements, leur passé, leur blessures, leurs ambitions. Prenez pour fabriquer un personnage des caractéristiques à vous ou a des amis proches. Bref, des êtres que vous connaissez un peu en profondeur. Il faut les rendre attachants et crédibles. Il faut que les gens puissent se dire "Ah oui, ce genre de personne cela me rappelle un tel". Qu'ils se reconnaissent en eux, c'est encore mieux.
16. L'adversité
Il faut que votre héros ait un problème à régler. Plus le problème est gros plus l'interêt du lecteur est fort. L'idéal est de donner des handicaps au héros de manière a ce qu'on se dise il n'y arrivera jamais. Exemple: l'enquêteur est aveugle et le tueur est non seulement le roi de la maffia mais en plus il a des talents de télépathie et c'est quelqu'un qui a beaucoup de chance. Plus le héros est maladroit plus le méchant est fort plus on est intéressé. Le système est: l'auteur met son héros dans des problèmes que le lecteur jugera insurmontables et l'auteur sauve à chaque fois in extremis son héros d'une manière que le lecteur n'avait pas prévu.
17. Alterner les formes
Les lecteurs ont souvent des journées fatigantes, ils lisent pour se détendre, donc il faut penser à ne pas les ennuyer. Pour cela, alterner les scènes d'actions et de dialogues. Mettre le maximum de coups de théâtre inattendus. Ne pas oublier que la lecture est un plaisir et que l'objectif n'est pas que le lecteur se dise que l'auteur est doué; il doit se dire "mais qu'est-ce qui va arriver à la scène suivante"?
18. Transmettre du savoir
La fonction des livres est aussi d'apprendre des choses. La forme est un élément, mais si après avoir lu un livre un lecteur sait quelque chose qui lui permettra de nourrir les conversations ou les dîner, c'est quand même un intérêt de la lecture.
19. Aller voir sur place
Un: s'informer. Deux: réfléchir. Trois: écrire. S'informer est indispensable. On ne parlera bien d'un lieu que si on y est allé pour faire des repérages. On ne parlera bien d'un métier que si on a discuté avec une personne qui la pratique. Évidemment on peut imaginer, mais le plus on se frottera au réel, le plus on découvrira de choses et on pourra raconter d'anecdotes vraies. Et le lecteur sent tout de suite ce qui est pur délire d'auteur et ce qui est une observation réelle.
20. Avoir une volonté d'être compris par tous
Souvent les critiques parisiens taxent les auteurs qui touchent tous les publics "d'auteurs populaires". Avec une connotation péjorative dans le mot populaire, sous entendu que si cela plaît au grand public c'est que ce n'est pas de la grande littérature. Victor Hugo se vantait d'être un auteur populaire, de même que Alexandre Dumas, Jules Verne et Flaubert. Mozart faisait de la musique populaire et s'en flattait. Tous les auteurs "non populaire" qui vivaient à la même époque ont été oubliés, qu'ils soient grand poètes, grands académiciens, grands écrivains de cours ou de salon. L'histoire les a balayés avec leurs jolies tournures de phrases et leur effets de manches. De même que tous les auteurs maudits qui revendiquaient comme un titre le fait de n'être compris que par un public restreint on en effet été effacés. Logique. Il est beaucoup plus difficile de plaire au large public qu'à un groupe de soit disant arbitres des élégances. Faire simple et clair réclame beaucoup plus de travail que de faire grandiloquent, incompréhensible, et rempli de sous entendus que l'auteur est le seul à connaître.
21. Se plaire à soi même
Pour plaire au lecteur il faut se mettre à sa place. Ecrire des livres qu'on aurait envie de lire si ce n'étaient pas les nôtres. Ne jamais se dire "j'écris cela, ça ne me plaît pas, mais ça leur plaira". On est soi-même la première personne qui doit s'amuser à lire le livre. Répétons-le: S'il n'y a pas de plaisir d'écriture, il ne peut pas y avoir de plaisir de lecture ensuite.
22. L'initiation des personnages
Une bonne histoire est aussi une initiation. Au début le héros dormait sur ses lauriers ou sa fainéantise. Une situation de crise va l'obliger à s'apercevoir qu'il est beaucoup plus que ce qu'il croit. Mettre les personnages en situation de danger pour les obliger à révéler leurs talents cachés. Et le lecteur en vivant dans la peau du personnage va faire la même expérience de transformation. Un bon livre est un livre qui transforme son lecteur en le faisant se prendre pour le héros.
23. Faire des plans
Quand vous avez un bon premier jet brut, essayez de trouver une manière de le découper de l'organiser pour qu'il soit rangeable dans des chapitres. En général on organise le livre en trois actes: Début. Milieu. Fin.
Début. Le début est en général le lieu de la scène d'exposition. On découvre où ça se passe. Quand ça se passe. Qui agit. Et le plus rapidement possible quelle est la problématique. L'idéal est de réduire au maximum le décollage du début, il faut que l'exposition soit la plus rapide possible pour que le lecteur n'attende pas avant d'être dans l'histoire.
Le milieu. Le milieu est souvent le ventre mou du livre. On prolonge la problématique, on en invente des secondaires, on gère la progression dramatique.
La fin c'est soit le coup de théâtre surprise, soit la grande explication de l'histoire cachée, soit l'apothéose.
24. Les portes ouvertes, portes fermées
Dans les scènes du début on ouvre des portes. Ce sont des problématiques: "qui a tué?", "vont-ils s'aimer?", et "qui est cette dame en noir qui surgit de temps en temps?". A la fin il faudra penser à toutes les refermer. "C'est le fils du paysan qui a tué", "ils vont s'aimer mais cela ne sera pas facile", et "la dame en noir c'est en fait le fils caché de la concierge déguisé en femme depuis son voyage au Brésil ou il a connu l'enfer et qui recherche l'identité de son vrai père" Bien vérifier qu'il n'y ait pas de portes ouvertes béantes (soudain on ne parle plus de la dame en noir) ni de portes fermées qui n'ont pas été ouvertes (soudain un personnage révèle qui il est, mais on n'en parlait pas au début).
25. L'envoi aux éditeurs
Investir dans la photocopieuse et envoyer son manuscrit à un maximum d'éditeurs. De préférence ceux qui ont des livres qui ressemblent dans leur genre au votre. Pas la peine d'envoyer de la science-fiction à un éditeur de poésie.
26. Les lettres de refus
Les éditeurs reçoivent une centaine de manuscrits par jour. Donc ils ont du mal à distinguer le bon grain de l'ivraie. Ils utilisent pour cela des lecteurs, soit des professeurs de français à la retraite, soit des étudiants, soit des amis qui aiment lire qui leur font ensuite des fiches. Ces gens sont souvent payés pour ce travail mais font aussi parfois cela par passion personnelle. Si les éditeurs vous répondent tous que cela ne leur plaît pas, ce n'est pas définitif. Essayez de savoir pourquoi en les appelant et refaites un manuscrit en tenant compte de leurs remarques. Ou s'il n'y a pas de remarque, refaites quand même un manuscrit en tenant compte de l'avis de vos lecteurs négatifs ou de votre propre évolution. Puis renvoyer, il y a quand même une part de chance en renvoyant au même éditeur vous pouvez finir par tomber sur quelqu'un qui vous comprenne et vous défende dans les comités de lecture (personnellement j'ai renvoyé mon manuscrit pendant 6 ans à tous les éditeurs et j'ai reçu trois lettres de refus de mon éditeur actuel). Le découragement fait partie du mode de sélection.
27. Ne pas faire d'édition à compte d'auteur
Si personne n'est prêt à payer pour votre manuscrit c'est peut être parce qu'il n'est pas bon. Cette hypothèse ne doit jamais être oubliée. Tout le monde n'a pas forcément de talent. Et ce n'est pas grave. A la limite tentez la musique. Par contre les éditeurs qui proposent de vous de payer pour vous éditer ne distribuent que peu ou pas votre livre. Vous allez juste vous retrouver avec un tas de bouquins dans votre chambre à distribuer à vos amis. Autant faire vous même vos tirages avec votre ordinateur.